Al Green est l’un de ces Godfathers of Soul qui a œuvré dans les années 70 et s’est fait un nom avec son deuxième album Gets Next To You paru en 1971 et produit par Willie Mitchell. Après cela, Al Green enchaina les albums et les succès. Il s’était fait une place dans les charts R&B et sa marque de fabrique – un savant mélange entre sa voix, la basse et la guitare – était censée lui assurer un avenir des plus radieux. Jusqu’au jour où en 1974 une amie, Mary Woodson, le brûle intentionnellement avec de la pâte de maïs bouillante avant de se donner la mort. Al Green est sous le choc mais il y voit malgré tout un signe et décide de devenir pasteur à Memphis. Il continuera à sortir des albums mais qui prendront une tournure plus engagée et plus grave. Un deuxième accident à la fin des années 70 le fera définitivement quitter la scène pour se consacrer à son église.
Son premier come-back n’est pas venu de lui directement. Il s’est fait grâce au film Pulp Fiction dans lequel on peut entendre “Let’s Stay Together” l’un de ses plus grands hits et qui a remis au goût du jour la soul et la blaxpoitation. Al Green fera quant à lui son véritable retour en 2003 avec son album Can’t Stop qui lui permettra de retrouver son public et la scène. Aujourd’hui il prêche toujours au Full Gospel Tabernacle de Memphis.
C’est peut-être ce premier come-back, la B.O. de Pulp Fiction, qui a inspiré DJ Kin, Asiatic, Ill Knob et Raheem – membres du groupe Klik Ga Bow aka K.G.B. et proches du Wu-Tang Clan – car l’un de leurs meilleurs morceaux “Bless Your Life” est samplé sur un morceau d’Al Green “Strong As Death (Sweet As Love)” et sortit en 1995. Produit par 4th Disciple, le beat très léché et surtout le flow des MC’s qui à tour de rôle lâchent leurs histoires imposent le respect. C’est à se demander pourquoi on a pas entendu plus parler d’eux.


















